50% des cours d’eaux du territoire français sont pollué par les pesticides à des doses supérieures à la norme autorisée dans l’eau potable

pesticides pollution de l'eau
pesticides pollution de l’eau

« Dans la moitié du territoire français, les pesticides sont présents dans les cours d’eau à des doses supérieures à la norme autorisée dans l’eau potable. » Cette norme est aussi dépassée dans « le tiers des nappes phréatiques », constate l’association UFC-« Que Choisir »

Pire, dans ces dernières, « les contaminations en nitrates ont progressé, ne laissant plus que la moitié des nappes indemnes » !

L’association impute ces « désastres environnementaux » à l’agriculture intensive qui, dénonce-t-elle, « est loin d’avoir corrigé ses pratiques » puisque « les quantités d’engrais utilisées n’ont pas baissé en vingt ans » et que « l’utilisation des pesticides a même augmenté de 18% en cinq ans ».

1,9 million de consommateurs ont été exposés à une eau polluée par les pesticides agricoles entre 2014 et 2016 selon le site de l’association, qui met à disposition une carte interactive de la qualité des eaux du robinet, sur la base des relevés des Agences régionales de santé entre 2014 et 2016.

La dépollution payée par les consommateurs

L’UFC-« Que Choisir » regrette encore que la réparation des dommages environnementaux soit toujours très majoritairement financée par les consommateurs. Via leur facture d’eau, ils « payent 88% de la redevance ‘pollutions’ et 70% de la redevance ‘prélèvement’, soit 1,9 milliard d’euros par an », précise l’association.

L’agriculture, « pourtant responsable à elle seule de 70% des pollutions en pesticides, de 75% des pollutions en nitrates et de la moitié des consommations nettes en eau » ne paie que « 7% de la redevance ‘pollutions’ et 4% de la redevance ‘prélèvement’, en violation flagrante du principe ‘préleveur-pollueur-payeur’« , selon l’association.
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Et voici l’estimation selon le CIRED (Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement)
Afin d’établir des ordres de grandeur pour l’agriculture française, nous proposons une brève synthèse de quelques études portant sur les pollutions d’origine agricole dans leur ensemble. Nous  aboutissons  à  une  fourchette  dont l’amplitude (entre 14 et 55 milliards d’euros par an) est due aux nombreuses incertitudes inhérentes à l’évaluation monétaire de la pollution.
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Pollution : Une facture salée pour les consommateurs
Eau potable : les ménages paient le coût des pollutions agricoles

Les pollutions agricoles pèsent sur la facture d’eau, note le Conseil général au développement durable. Selon lui, le surcoût est évalué à 215 € par personne et par an pour les localités les plus polluées. Le manque de prévention est pointé du doigt.

Plus d’un milliard d’euros. C’est ce que coûterait aux ménages français la dégradation de la qualité des eaux liée aux excédents d’engrais azotés et de pesticides d’origine agricoles, selon le Conseil général au développement durable (CGDD) qui a publié le 30 septembre 2011 une étude sur le sujet.

Les impacts financiers directs sur les dépenses annuelles des ménages se situent au minimum dans une fourchette de 1.010 à 1.530 millions d’euros. Ainsi, comme l’a déjà fait remarquer le Conseil d’État en 2010, le principe pollueur-payeur est loin d’être appliqué.

Une facture d’eau salée pour les ménages…

Chaque année, les services d’eau et d’assainissement paieraient un surcoût situé entre 640 et 1.140 millions d’euros, une somme reportée sur les ménages. Cette somme comprend les dépenses de lutte contre la pollution agricole financées par les agences de l’eau (60 à 70 millions d’euros), les coûts générés par l’eutrophisation des captages (entre 60 et 100 millions d’euros) et le déplacement des captages utilisés (entre 20 et 60 millions d’euros, sans prise en compte des externalités sanitaires de cette pratique). Enfin, dans le cas où les captages ne peuvent être déplacés,  »les producteurs d’eau potable des agglomérations disposant de plusieurs ressources d’eau d’origines géographiques distinctes se sont lancés dans le mélange des eaux contaminées avec les eaux propres au travers d’interconnexions de réseaux de production d’eau potable. Cette pratique, qui n’est pas sans révéler un désarroi certain des collectivités locales concernées, pose de vraies questions éthiques et a tendance à se généraliser depuis quelques années » (15 % des eaux potabilisées). Surcoût estimé : entre 20 et 40 millions d’euros.
source : https://www.actu-environnement.com/ae/news/pesticides-azotes-agriculture-pollution-eau-cout-13715.php4

Le soutien  aux  agriculteurs  bio  coûte  28 fois moins cher  que la dépollution de l’eau liée aux pratiques agricoles polluantes.
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Selon le rapport édité en novembre 2015 sur les mesures de qualité des eaux réalisées en 2013 (rapport du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie), il ressort que 92% des points surveillés en France présentaient des traces de pesticide. En conclusion, la quasi-totalité de nos ressources en eau sont polluées par les pesticides !
http://www.blog-hometesting.com/environnement-et-sante/pollution-agricole-de-leau-par-les-pesticides-quels-en-sont-les-couts/

Encore plus cher est le cout de la pollution de l’air
Pollution : chaque année, un coût de 101,3 milliards d’euros pour la France
La pollution de l’air en France coûte chaque année 101,3 milliards d’euros. Deux fois plus que le tabac (47 milliards d’euros). La commission d’enquête sénatoriale, présidée par le sénateur (Les Républicains) de Meurthe-et-Moselle Jean-François Husson, a rendu publique, mercredi 15 juillet 2015, son estimation de la charge financière globale de la mauvaise qualité de l’air. L’évaluation inédite intègre non seulement les dommages sanitaires de la pollution, mais également ses conséquences sur les bâtiments, les écosystèmes et l’agriculture.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/07/15/la-pollution-de-l-air-coute-chaque-annee-101-3-milliards-d-euros-a-la-france_4683432_3244.html

Les intrants  chimiques  représentent la plus grande source de pollution de l’eau.
L’utilisation  des engrais chimiques en grande quantité contribue à un surplus de nutriments (phosphore et azote principalement) dans l’eau.

Les déjections animales provenant des élevages hors sol y contribuent également.
Ce surplus permet l’accroissement de biomasses végétales et de bactéries aérobies qui s’en nourrissent à leur tour, conduisant à l’appauvrissement critique des eaux en oxygène. C’est ce qu’on appelle l’eutrophisation.
L’utilisation des pesticides présente des risques pour la santé humaine.
La  forte  concentration  de pesticides et d’engrais chimiques dans l’eau conduisent à de nombreuses interventions pour rendre l’eau potable.
Les coûts des dommages liés à la pollution de l’eau peuvent être quantifiés à différents niveaux:

– les dépenses de l’agence de l’eau dans le traitement de l’eau (potabilisation,  contrôle,  conseil,  lutte contre l’eutrophisation…)
– les dépenses des consommateurs dans l’achat de bouteilles d’eaux minérales et système de filtrage de l’eau, par crainte de pollution de l’eau,
– le coût estimé que le consommateur serait prêt à mettre pour avoir de l’eau non polluée, déduction faite des dépenses précédentes,
– les coûts perdus dus à la diminution de l’activité touristique (mauvais état des points d’eaux),
– les coûts de santé liés à la consommation d’eau polluée.

La  liste  de  ces  différentes  méthodes  de  quantification  est à l’évidence non exhaustive  et les  coûts  des différentes méthodes peuvent se chevaucher.
De plus l’agriculture intensive nécessite une forte utilisation des ressources en eau, elle peut donc  être source de stress hydrique dans certaines régions.
http://faere.fr/wp-content/uploads/2015/07/Ba_Gresset-Bourgeois_Quirion_Chiffrage-mone%CC%81taire-de-la-pollution-agricole_Juin2015.pdf

Émissions de Gaz à Effet de Serre
Les émissions de gaz à effet de serre (CO2, mais surtout N2O et CH4) du secteur de l’agriculture participent à hauteur de 20% aux émissions brutes de gaz à effet de serre de la France (CITEPA, 2014).
La  quantification  des  émissions  de  N2O  et  CH4 de l’agriculture est beaucoup moins précise que pour les émissions de CO2 d’origine fossile, mais les méthodes sont définies par la Convention climat des Nations-Unies.
La  valeur  tutélaire  du  carbone  a  été  fixée  par  un  rapport  officiel  (Quinet,  2009).
L’estimation  des coûts liés aux émissions de gaz à effet de serre est donc facilement réalisable.

Pollution de l’air
L’agriculture participe à la pollution de l’air par ses émissions d’ammoniac (NH3) et d’oxyde d’azote (NOX).
En  cause,  on  note  en  particulier  les déjections animales et les épandages d’intrants chimiques pour les grandes cultures.
Les coûts attribués aux émissions d’ammoniac et d’oxyde d’azote sont difficiles à évaluer, de par leur nature diffuse. Pourtant le secteur de l’agriculture est responsable de 97% d’émissions d’ammoniac (Ademe,  2012). Ces émissions participent à la pollution de l’air, dans certaines conditions mais aussi par différents  processus  (physiques  et/ou  chimiques)  à  l’eutrophisation  des  milieux  aquatiques,  à l’acidification des
sols, et la perturbation des écosystèmes. Dans l’air, la combinaison des deux gaz, que sont l’ammoniac et l’oxyde d’azote,  conduit à la formation de nitrate d’ammonium qui n’est autre qu’une particule très fine, dite secondaire, qui pénètre profondément dans les poumons.

Pollution des sols
Comme pour la pollution de l’eau, la pollution des sols par l’agriculture est due à une utilisation intensive des  engrais  et  pesticides.
Les émissions d’ammoniac participent également à l’acidification des sols. La pollution  du  sol  entraine  des  coûts d’érosion et des coûts dus à la perte de  matière  organique  et  de dioxyde  de  carbone.
Ces  coûts peuvent  être  évalués à travers les dépenses de lutte contre l’érosion, ou encore par les pertes de rendement, de production des a griculteurs dus à un sol appauvri.

Impacts sur la santé humaine (via autres canaux)
Les pollutions de l’eau et de l’air participent évidemment aux impacts sur la santé humaine.
Une première façon  d’évaluer  les  coûts  sur  la  santé  humaine  est  de  s’appuyer  sur  les  dépenses  de  santé,  des agriculteurs  (exposés  directement  aux  produits  phytosanitaires)  et de  la  population (exposée à  travers l’alimentation  aux  produits  phytosanitaires).  La  fiabilité  de  l’estimation  de  ces  coûts  est  bien  sûr dépendante de l’identification des relations qui peuvent exister entre maladies et pollution agricole.

Impact sur la Biodiversité et les Paysages
L’agrandissement des surfaces exploitées et la monoculture accompagnent le système d’exploitation agricole intensif. Le paysage s’en trouve modifié et avec, des écosystèmes détérioré. La détérioration des écosystèmes entraîne également une perturbation de la biodiversité et son appauvrissement. L’utilisation de certains pesticides est également très nocive pour les polinisateurs.
Les coûts des dommages peuvent être estimés:
– en évaluant le coût de restauration des espèces et habitats
– en évaluant la perte des services rendus par la biodiversité(par les polinisateurs par exemple)
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A lire aussi : Des pesticides perturbateurs endocriniens dans l’eau
https://www.generations-futures.fr/actualites/perturbateurs-endocriniens-dans-leau-exppert8/